La grossesse au travail

Publié le par Mayan

La grossesse au travail

Au bout de 5 ans de relations, mon homme et moi avons eu envie d'un bébé. Mais en même temps, je débutais à peine un nouvel emploi, qui plus est dans une nouvelle région. Une structure moyenne, prestataire pour une grosse structure bancaire. Le salaire n'était pas top mais après quelques mois de chômage c'est toujours le bienvenue. Ca ne pouvait que me faire du bien au moral. C'est pour cela que nous avons mis quelques mois avant de nous lancer. J'avais peur d'être juger. J'espérais comme nous toutes tomber enceinte rapidement. Je me projetais déjà avec mon ventre rond, la période aurait coïncidé parfaitement avec la fin de mon contrat. Enfin ça c'était comme je l'imaginais, dans un monde parfait quoi !!!

Dans la réalité, il en a était tout autre. J'ai mis un an avant de tomber enceinte. Entre temps, on m'a annoncé ma titularisation.

Et là, à nouveau gros sentiment de malaise.

Si je tombais enceinte à ce moment là, on aurait dit ou pensé que je l'avais fait exprès. Finalement, cela c'est à peu près bien "goupillé" car je ne suis tombée qu'enceinte que quelques mois plus tard.

A mon travail, du moins dans mon service j'étais la troisième à tomber enceinte mais les deux premières étaient en congé parental. J'avais décidé de n'en parler qu'après la première échographie. J'étais assez "proche" de mes supérieurs directes et même si j'appréhendais un petit peu l'annonce, celle-ci a été très bien accueillie. Je n'ai pas sentie de pression ni de rancœurs face à cette grossesse. Même ma chef, qui n'avait pas d'enfants à l'époque était très compréhensive. ( j'apprendrais quelques mois plus tard sa grossesse). Tout se passait bien, je ne voulais pas abuser, ni profiter de la situation, je prenais mes rendez-vous en dehors de mes heures de travail. J'ai travaillé jusqu'à mes 7 mois de grossesse et ce malgré les 60km quotidien. Je ne me suis pas ménagée, j'ai même fait des remplacements le week-end. Au bout du compte, j'ai accouché même pas deux semaines après m'être arrêtée. En plein congé pathologique.

J'ai fait le choix de reprendre dès la fin de mon congé maternité. Je me suis impliquée dans mon travail. Deux ans plus tard, je suis à nouveau tombée enceinte. Notre chef, à la suite de son congé maternité, est partie diriger un nouveau service. Notre nouveau chef, un homme sans enfants. J'ai un peu plus appréhendé l'annonce, pas facile d'annoncer ça à un homme. Sur les trois mamans que nous étions auparavant, une avait demandé à changer de service et l'autre était là par intermittence (mais ceci est une tout autre histoire). Aucuns de mes autres collègues n'étaient devenus parents entre temps. Pour cette annonce, j'ai demandé à mon superviseur de la faire. Toujours par peur que la nouvelle ne soit pas très appréciée. L'annonce avait l'air d'être bien accueillie du moins en apparence. Je n'ai pas eu de retombée directe pour mes collègues mais au niveau de la hiérarchie j'ai pu constaté qu'au final ma première grossesse m'avait porté préjudice. A compétences et anciennetés égales, j'ai été la seule à ne pas voir mon statut et par la même occasion mon salaire changer. On peut dire que ce jour-là, j'ai pris "une grosse claque" Biensûr, on ne m'a pas dit ouvertement que mon premier congé maternité m'avait porté préjudice mais les explications qu'on a pu me donner étaient confuses. Elles auront, au moins eu le mérite de m'avoir ouvert les yeux. Une fois de plus, j'ai été bien naïve de penser que ma grossesse m'avait pas eu d'impact sur ma reconnaissance professionnelle. Ce jour-là, j'ai pris la décision de me ménager car cette fois-ci, il était hors de question de prendre le moindre risque. Je ne voulais pas accoucher une nouvelle fois avant terme. Une grossesse, peut être éprouvante, d'autant plus quand on a d'autres enfants. Ma gynéco m'avait dit de lever le pied et cette fois-ci, j'ai décidé de l'écouter. Je me suis donc arrêté. Au final, je n'ai pas pu une nouvelle fois mener cette grossesse à terme mais j'aurai eu au moins le mérite d'avoir mis cette fois toutes les chances de notre côté, pour le bébé et pour moi. J'ai fait le choix d'enchaîner sur un congé parental pour diverses raisons.

Depuis quelques mois, une collègue qui est devenue avec le temps une amie est enceinte, elle attend un petit garçon. Pas plus tard qu'hier, elle m'envoie un message disant que sa gynéco souhaite la mettre en arrêt dès maintenant. Son trajet quotidien pour se rendre au travail lui donne des contractions, trop de contractions au vu du stade de sa grossesse. Tout comme moi pour ma première grossesse, elle a peur d'abuser si jamais elle disait oui. Je n'aime pas qu'on me donne conseils donc généralement j'évite d'en donner à moins qu'on me demande. Mais, pour le coup, je me suis permise de lui rappeler que j'ai appris à mes dépends que nous ne sommes que des pions pour nos employeurs et que le plus important est :

Sa santé et celle de son bébé

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Publié dans Grossesse

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Delph Dolce 08/01/2014 00:31

Beau témoignage.
Comme quoi on peut fournir un excellent travail... certains patrons lesent les mamans :/
D.

Mayan 08/01/2014 15:34

Merci pour ce commentaire. Oui il y a encore des discriminations mais il me plait à penser que toutes les personnes ne sont pas comme ça.

Juliette Conboudu_Blog 08/01/2014 00:14

Je suis bien d'accord. La santé de son bébé et la notre avant tout !
Très joli témoignage, tu as pris beaucoup de recul je trouve.
J'ai vécu le harcèlement moral suite à ma grossesse et j'ai également accouchée prématurément. Je m'en suis voulu d'avoir laissé mon boulot, mes employeurs et collègues me gâcher ma grossesse. C'est fréquent malheureusement !
Merci pour ce partage, j'en me sens moins seule.
Bises

Mayan 08/01/2014 15:32

J'avoue qu'il m' a été facile de prendre ce recul car ma situation est loin d'être comme la tienne, pas de harcèlement, rien pour me gâcher ma grossesse mais au final un manque de reconnaissance pour le travail qui selon moi est due à mes grossesses.